L’Albatros

l'albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Charles BAUDELAIRE


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3 Réponses to “L’Albatros”

  1. e sublim poemul asta

    intr-o perioada de tristetse profunda a vietsii mele credeam shi eu ca ma incurca aripile sa merg shi am hotarat sa le tai
    sa-mi para rau, sau nu – nu shtiu
    dar acu sunt umana, fara aripi shi vise. doar amintirea lor..

  2. MERCI BEAUCOUP! frumoasa destainuire…si ma bucur ca am cititori, nu multi, dar sensibili in fata FRUMOSULI ARTISTIC!

  3. EST CE VOUS QUI A INVENTER LE PIANO.

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